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25th octobre 2011

Billet

L’assurance vie dans le rouge

épargne

Pour la troisième fois seulement en 15 ans, et pour la première fois depuis 2008, les retraits effectués sur les contrats d’assurance vie en France ont été plus importants que les dépôts.

Ainsi, le mois dernier les acteurs du marché ont collecté près de 10 Mds d’euros mais ont dans le même temps reversé 11,5 Mds d’euros à leurs clients, selon la Fédération française des sociétés d’assurances (FFSA), soit une décollecte nette de 1,8 Mds d’euros.

Le placement préféré des Français, avec un encours de plus de 1.300 Mds d’euros en 2010 représentant plus de 40% du patrimoine des ménages semble donc à son tour touché par la crise financère mondiale.

Désamour des épargnants ou crise structurelle ? Analyse.

  • La crise favorise les placements sécurisés ou à court terme:

Dans un contexte de volatilité des marchés, notamment boursiers, les valeurs dites “refuge” ont le vent en poupe.

Ainsi, le cours de l’or a récemment atteint des sommets, tout comme l’immobilier dont le marché repart à la hausse, dopé par la réduction annoncée pour 2012 du dispositif Scellier qui pousse les investisseurs à agir par anticipation.

D’autre part, à cause des difficultés qu’elles rencontrent sur le marché interbancaire, les banques à la recherche de liquidités proposent à leurs clients des livrets d’épargne à des taux de rémunération au moins égaux à ceux des contrats d’assurance vie. Elles améliorent dans le même temps leurs ratios de solvabilité en proposant des produits “maison”.

  • Une fiscalité avantageuse… peut être plus pour longtemps:

Les retraits sont d’autant plus importants que de nombreux contrats sont arrivés à maturité.

Ainsi, 64% des encours d’assurance vie ont plus de 8 ans  et 47% ont plus de 12 ans; ils bénéficient donc d’une fiscalité avantageuse.

De plus, la perspective d’un tour de vis fiscal avec une réduction des niches incite nombre d’épargnants à retirer tout ou partie des sommes placées sur leur contrats.

  • La crise pousse les épargnants à puiser dans leurs bas de laine

Dernier élément à prendre en compte: le vieillissement de la population, associé à une réduction du pouvoir d’achat des seniors incite ces derniers à utiliser les sommes placées sur leurs contrats d’assurance vie pour faire face à leurs dépenses courantes.

On l’aura compris, c’est peut être la fin de l’âge d’or pour l’assurance vie, qui souffre désormais de la même défiance des épargnants pour les marchés financiers.

A court terme, l’effet de cette décollecte observée n’aura qu’un faible impact. Rappelons néanmoins que l’assurance vie participe de manière importante au financement de l’économie française, tant de l’Etat français que des entreprises.

Reste à surveiller l’évolution de la collecte dans les prochains moins, pour vérifier si cette baisse observée en septembre est conjoncturelle ou réellement structurelle.

Enfin, il convient de rappeler que cette baisse reste très symbolique, et que sur les  9 premiers mois de l’année 2011 la collecte nette reste positive, à 19,2 Mds d’euros.

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25th octobre 2011

Billet avec 10 notes

Fillon pourrait revoir la croissance française à la baisse

Alors que Jérôme Cahuzac, président de la Commission des  finances à l’Assemblée, fustigeait hier le budget 2012 fondé sur une croissance de 1.75% à laquelle “plus personne ne croit”, le Premier ministre F. Fillon pourrait annoncer dans les prochains jours une révision des prévisions de croissance, qui serait finalement de 1% pour 2012, voire moins…

Car dans le contexte actuel où la France est surveillée de près par les agences de notation, il est crucial de présenter un budget “sincère” - principe édicté par la Constitution.

En effet, il faut savoir qu’un point de croissance en France, c’est environ 10 Mds d’euros de recettes fiscales supplémentaires. Etablir un budget prévisionnel avec une prévision de croissance volontairement exagérée, c’est donc mécaniquement augmenter le déficit public.

Fillon

Par conséquent, si la croissance pour 2012 est révisée à 1%, c’est donc un effort supplémentaire d’au moins 5 Mds d’euros sur le budget.

Pour un pays dont les dépenses publiques dépassent les 1.000 Mds d’euros, cela ne devrait pas poser de problème mais, à 6 mois des élections présidentielles,  F. Fillon s’apprête donc à annoncer de nouvelles coupes budgétaires - pour ne pas parler d’un second plan de rigueur - ce qui rejoint les déclarations de la Ministre du Budget, Valérie Pécresse, qui a averti dimanche que "si la croissance n’est pas au rendez-vous, nous ferons des efforts supplémentaires".

Le Premier ministre a déclaré que les prévisions “dépendaient du sommet de mercredi qui sera déterminant sur la croissance”, sommet pendant lequel sera abordé la problème de la crise de la dette, et dont dépendent les perspectives de croissance.

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