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10th novembre 2011

Billet avec 19 notes

Les marchés financiers, menace pour la démocratie ?

Après le Premiberlusconier ministre grec, Georges Papandreou, c’est au tour de son homologue italien Sylvio Berlusconi d’annoncer qu’il abandonne ses fonctions prématurément, de même que le Premier ministre espagnol José Luis Zappatero qui ne se représentera pas aux élections législatives de son pays.

Ces départs ont une chose en commun : ce ne sont pas les électeurs qui ont poussé leurs représentants vers la sortie ; ces chefs de gouvernement quittent le pouvoir après avoir entrepris des réformes en vue de rassurer les marchés financiers sur la capacité de leur pays à rembourser leur dette.

Réformes rendues nécessaires par la dégradation de leur note souveraine par les agences de notation, dont les plus célèbres sont Fitch, Moody’s et Standard & Poors.

On se rend ainsi compte que ce ne sont plus les citoyens qui décident de l’avenir de leur nation, mais les agences de notation et, de manière générale, les marchés financiers, qui dictent aux gouvernements les politiques à mettre en place.

Se posent deux questions graves : que deviennent l’indépendance et l’autonomie des élus face aux marchés ? Et quel mot le peuple a-t-il à dire sur les réformes engagées par leurs dirigeants ?

Revenons quelques années en arrière. Avant la crise de 2008, c’étaient les gouvernements démocratiquement élus qui décidaient des politiques économiques de leur pays, en creusant les déficits pour favoriser la croissance, ou au contraire en mettant en place des mesures de rigueur, pour freiner l’inflation par exemple.

Mais aujourd’hui le monde a changé. Ce sont les marché financiers qui décident de quelle mesure instaurer, et ce quelle que soit la couleur politique des dirigeants.

Pire, ces marchés imposent leurs choix sans possibilité de discussion : on a bien vu l’affolement provoqué par l’annonce de Mr Papandreou de soumettre le plan européen de soutien financier à son pays à un referendum…

Même si l’on peut s’interroger sur la pertinence de la proposition du Premier ministre grec, ce dernier aura tout de même eu le mérite de poser la question de la place des citoyens face aux marchés financiers.

En effet, il semble aujourd’hui plus important pour nos dirigeants d’annoncer des mesures pour « rassurer les marchés » - même momentanément – que de se soucier des conséquences que ces mesures auront sur l’économie réelle, et donc sur nous ! Car ce sont bien de nos salaires, nos pensions, notre pouvoir d’achat, de notre niveau de vie dont on parle.

Le mouvement des Indignés qui fleurit un peu partout dans les pays développés montre bien que le peuple a besoin de s’exprimer. Et plus tard on attendra, plus sa réaction sera violente…

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