Un blog de décryptage de l'actualité économique et financière, en France et à l'international.

25th novembre 2011

Billet avec 31 notes

Croissance et désendettement: l’alliance impossible ?

balance

Alors que l’on parlait il y a quelques années de plans de relance dans les pays développés pour relancer la croissance suite à la crise de 2008, l’heure est aujourd’hui pour ces mêmes pays à la rigueur budgétaire et au désendettement.

En effet, après avoir dépensé des milliards pour soutenir leurs économies moribondes, les Etats n’ont aujourd’hui plus les moyens de maintenir le même niveau de dépense publique, à cause de leur endettement trop élevé, alors même que l’économie mondiale est toujours aussi fragilisée qu’après 2008.

Concentrons-nous sur le cas de la France. Avec une dette publique de près de 1,600 milliards d’euros (82% du PIB) et une dette privée dépassant les 120% du PIB, la France se voit contrainte au régime sec, ce qui ne sera pas sans conséquences sur l’économie réelle.

Se pose alors une question : comment diminuer les déficits budgétaires et trouver de nouvelles recettes sans menacer la croissance ? En un mot, comment réussir une politique de désendettement sans entrer dans la récession ?

Avec le séisme financier dont on voit chaque jour de nouvelles conséquences, il devient très difficile – même pour les analystes – d’avoir un horizon à plus de 6 ou 12 mois. Ce manque de visibilité sur le moyen et long terme incite les acteurs des marchés financiers à la spéculation court termiste, au détriment de l’octroi aux entreprises ou aux Etats de crédits, qui deviennent donc plus rares et plus chers.

Mais cette baisse des crédits, associée à une perte de confiance dans l’avenir, a également un impact sur l’investissement. Ainsi, qu’ils soient publics ou privés, les investissements risquent de sérieusement ralentir. Or quand une entreprise (ou un Etat) investit, c’est pour produire plus, ou produire mieux. Donc moins d’investissement signifie moins de création de valeur, et par ricochet moins de revenu, moins d’emploi, moins de consommation, etc.

On a vu également il y a quelques jours que des entreprises telles que PSA ou Areva annonçaient des coupes dans leurs budgets recherche & développement. On peut donc s’attendre à un ralentissement de l’innovation et du progrès technique.

Or ces deux éléments sont déterminants dans la performance de l’économie et dans la croissance en particulier, car ils stimulent la productivité, créent des emplois et améliorent notre qualité de vie.

Dernier volet enfin : l’impact de la rigueur budgétaire sur les ménages.

On l’a entendu ces derniers jours, le gouvernement cherche partout à faire des économies, en trouvant de nouvelles recettes, mais surtout en réduisant les dépenses publiques, notamment les prestations sociales. On sait que les ménages puisent déjà dans leur épargne pour maintenir leur consommation (voir le billet «l’assurance-vie dans le rouge »), mais que se passera-t-il quand il n’y aura plus d’épargne ? Certainement un ralentissement de la consommation, élément moteur de la croissance française, donc toujours le même cercle vicieux consommation-emploi-revenu…

On l’aura compris, la politique de rigueur qu’impose le désendettement des Etats – et de la France dans notre cas – peut avoir des impacts lourds et à long terme sur la croissance domestique.

Mais désendettement et croissance ne sont pas forcément antagoniques. Ainsi l’Irlande, au bord du gouffre il y a un an, a divisé son déficit budgétaire par 3 depuis, et retrouvera même la croissance après trois années de récession, mais au prix de mesures drastiques : hausses d’impôt, réduction du nombre (-10%) et du salaire (de -6 à -15%) des fonctionnaires, recul de l’âge de la retraite de 65 à 68 ans, baisse du salaire minimum de 12% et du budget de la santé de 25%, etc.

La croissance est toujours possible pour les mois et les années à venir, mais elle ne sera possible qu’au prix de renoncements idéologiques majeurs et de lourds sacrifices.

Tags :: deficitscroissancedettedesendettementetatentreprisesmenagespibrigueurBudget

10th novembre 2011

Billet avec 19 notes

Les marchés financiers, menace pour la démocratie ?

Après le Premiberlusconier ministre grec, Georges Papandreou, c’est au tour de son homologue italien Sylvio Berlusconi d’annoncer qu’il abandonne ses fonctions prématurément, de même que le Premier ministre espagnol José Luis Zappatero qui ne se représentera pas aux élections législatives de son pays.

Ces départs ont une chose en commun : ce ne sont pas les électeurs qui ont poussé leurs représentants vers la sortie ; ces chefs de gouvernement quittent le pouvoir après avoir entrepris des réformes en vue de rassurer les marchés financiers sur la capacité de leur pays à rembourser leur dette.

Réformes rendues nécessaires par la dégradation de leur note souveraine par les agences de notation, dont les plus célèbres sont Fitch, Moody’s et Standard & Poors.

On se rend ainsi compte que ce ne sont plus les citoyens qui décident de l’avenir de leur nation, mais les agences de notation et, de manière générale, les marchés financiers, qui dictent aux gouvernements les politiques à mettre en place.

Se posent deux questions graves : que deviennent l’indépendance et l’autonomie des élus face aux marchés ? Et quel mot le peuple a-t-il à dire sur les réformes engagées par leurs dirigeants ?

Revenons quelques années en arrière. Avant la crise de 2008, c’étaient les gouvernements démocratiquement élus qui décidaient des politiques économiques de leur pays, en creusant les déficits pour favoriser la croissance, ou au contraire en mettant en place des mesures de rigueur, pour freiner l’inflation par exemple.

Mais aujourd’hui le monde a changé. Ce sont les marché financiers qui décident de quelle mesure instaurer, et ce quelle que soit la couleur politique des dirigeants.

Pire, ces marchés imposent leurs choix sans possibilité de discussion : on a bien vu l’affolement provoqué par l’annonce de Mr Papandreou de soumettre le plan européen de soutien financier à son pays à un referendum…

Même si l’on peut s’interroger sur la pertinence de la proposition du Premier ministre grec, ce dernier aura tout de même eu le mérite de poser la question de la place des citoyens face aux marchés financiers.

En effet, il semble aujourd’hui plus important pour nos dirigeants d’annoncer des mesures pour « rassurer les marchés » - même momentanément – que de se soucier des conséquences que ces mesures auront sur l’économie réelle, et donc sur nous ! Car ce sont bien de nos salaires, nos pensions, notre pouvoir d’achat, de notre niveau de vie dont on parle.

Le mouvement des Indignés qui fleurit un peu partout dans les pays développés montre bien que le peuple a besoin de s’exprimer. Et plus tard on attendra, plus sa réaction sera violente…

Tags :: marchés,financiersagencenotationcrisedettedémocratiepeuplecitoyensberlusconipapandreou

25th octobre 2011

Billet

L’assurance vie dans le rouge

épargne

Pour la troisième fois seulement en 15 ans, et pour la première fois depuis 2008, les retraits effectués sur les contrats d’assurance vie en France ont été plus importants que les dépôts.

Ainsi, le mois dernier les acteurs du marché ont collecté près de 10 Mds d’euros mais ont dans le même temps reversé 11,5 Mds d’euros à leurs clients, selon la Fédération française des sociétés d’assurances (FFSA), soit une décollecte nette de 1,8 Mds d’euros.

Le placement préféré des Français, avec un encours de plus de 1.300 Mds d’euros en 2010 représentant plus de 40% du patrimoine des ménages semble donc à son tour touché par la crise financère mondiale.

Désamour des épargnants ou crise structurelle ? Analyse.

  • La crise favorise les placements sécurisés ou à court terme:

Dans un contexte de volatilité des marchés, notamment boursiers, les valeurs dites “refuge” ont le vent en poupe.

Ainsi, le cours de l’or a récemment atteint des sommets, tout comme l’immobilier dont le marché repart à la hausse, dopé par la réduction annoncée pour 2012 du dispositif Scellier qui pousse les investisseurs à agir par anticipation.

D’autre part, à cause des difficultés qu’elles rencontrent sur le marché interbancaire, les banques à la recherche de liquidités proposent à leurs clients des livrets d’épargne à des taux de rémunération au moins égaux à ceux des contrats d’assurance vie. Elles améliorent dans le même temps leurs ratios de solvabilité en proposant des produits “maison”.

  • Une fiscalité avantageuse… peut être plus pour longtemps:

Les retraits sont d’autant plus importants que de nombreux contrats sont arrivés à maturité.

Ainsi, 64% des encours d’assurance vie ont plus de 8 ans  et 47% ont plus de 12 ans; ils bénéficient donc d’une fiscalité avantageuse.

De plus, la perspective d’un tour de vis fiscal avec une réduction des niches incite nombre d’épargnants à retirer tout ou partie des sommes placées sur leur contrats.

  • La crise pousse les épargnants à puiser dans leurs bas de laine

Dernier élément à prendre en compte: le vieillissement de la population, associé à une réduction du pouvoir d’achat des seniors incite ces derniers à utiliser les sommes placées sur leurs contrats d’assurance vie pour faire face à leurs dépenses courantes.

On l’aura compris, c’est peut être la fin de l’âge d’or pour l’assurance vie, qui souffre désormais de la même défiance des épargnants pour les marchés financiers.

A court terme, l’effet de cette décollecte observée n’aura qu’un faible impact. Rappelons néanmoins que l’assurance vie participe de manière importante au financement de l’économie française, tant de l’Etat français que des entreprises.

Reste à surveiller l’évolution de la collecte dans les prochains moins, pour vérifier si cette baisse observée en septembre est conjoncturelle ou réellement structurelle.

Enfin, il convient de rappeler que cette baisse reste très symbolique, et que sur les  9 premiers mois de l’année 2011 la collecte nette reste positive, à 19,2 Mds d’euros.

Tags :: assurance vie,encours,financement,crise,crisedécollectetendanceFFSApatrimoineépargnefinance

25th octobre 2011

Billet avec 10 notes

Fillon pourrait revoir la croissance française à la baisse

Alors que Jérôme Cahuzac, président de la Commission des  finances à l’Assemblée, fustigeait hier le budget 2012 fondé sur une croissance de 1.75% à laquelle “plus personne ne croit”, le Premier ministre F. Fillon pourrait annoncer dans les prochains jours une révision des prévisions de croissance, qui serait finalement de 1% pour 2012, voire moins…

Car dans le contexte actuel où la France est surveillée de près par les agences de notation, il est crucial de présenter un budget “sincère” - principe édicté par la Constitution.

En effet, il faut savoir qu’un point de croissance en France, c’est environ 10 Mds d’euros de recettes fiscales supplémentaires. Etablir un budget prévisionnel avec une prévision de croissance volontairement exagérée, c’est donc mécaniquement augmenter le déficit public.

Fillon

Par conséquent, si la croissance pour 2012 est révisée à 1%, c’est donc un effort supplémentaire d’au moins 5 Mds d’euros sur le budget.

Pour un pays dont les dépenses publiques dépassent les 1.000 Mds d’euros, cela ne devrait pas poser de problème mais, à 6 mois des élections présidentielles,  F. Fillon s’apprête donc à annoncer de nouvelles coupes budgétaires - pour ne pas parler d’un second plan de rigueur - ce qui rejoint les déclarations de la Ministre du Budget, Valérie Pécresse, qui a averti dimanche que "si la croissance n’est pas au rendez-vous, nous ferons des efforts supplémentaires".

Le Premier ministre a déclaré que les prévisions “dépendaient du sommet de mercredi qui sera déterminant sur la croissance”, sommet pendant lequel sera abordé la problème de la crise de la dette, et dont dépendent les perspectives de croissance.

Tags :: finance,crise,rigueur,croissance,budgetfilloncahuzac

7th octobre 2011

Billet

Premier billet !

Bonjour à tous !

Ce blog a pour but de faire découvrir, décrypter et analyser le monde de l’économie et des finances au travers d’articles qui, je l’espère, vous feront réagir.

Car ce blog se veut interractif ! chacun est libre d’y apporter un commentaire ou tout autre contribution.

Bonne lecture à tous, et que vive ce blog !

7th octobre 2011

Citation

"Les affaires ne sont vraiment fatigantes que quand on n’en fait pas."
Pierre Veron- Ecrivain et poète français